Plus tard, j'ai donc rencontré cette stagiaire qui m'a fait découvrir l'héroïne. A partir de là, il m'a fallu une bonne année pour que je deviennes dépendante et que mes bêtises se ressente sur mon travail...
Au début, c'était juste des commentaires dit par mes collègues: "ça va? tu es pâlote ce matin".
Petit à petit, je me faisais convoquer dans le bureau de la supérieur. Motif: "nous avons remarqué que tu es très souvent en retard, tu as beaucoup maigri ces derniers temps, et tu as l'air absente. Tes collègues s'inquiètent pour toi est-ce qu'il y a qq chose qui ne va pas?" J'ai toujours pu me débrouiller pour raconter des bobards, des excuses bidon pour pas qu'il ne cerne mon problème.
Jusqu'au jour où j'ai eu un avertissement: retards répété, absence, et mon état se ressentait sur mon travail (mes collègues se plaignaient que j'étais trop dans la lune, j'oubliais des choses importante...). Cet avertissement a été un véritable electrochoc pour moi, je ne pouvais perdre mon boulot qui est, pour moi, le seul lien qu'il me reste avec la vie normal. Si je le perdais, ma descente ne sera que plus rapide!
Depuis, j'ai beaucoup pris sur moi, je me suis étonnée à trouver de la force (que je pensais être parti avec l'héro depuis longtemps), je me suis fais vraiment violence! Et j'y suis arrivé! c'est ma plus grande fiertée! J'ai fais de gros effort avec mes collègues, mon travail s'en est resenti même si le soir, quand je rentre, je suis KO, mais comme je l'ai dit, mon travail est plus important que ma santé.
Maintenant, mes collègues m'ont même donné un nouveau surnom: "la pile" car, parait-il, je ne tiens jamais en place... et je ne m'en rends même pas compte, mais je sais pourquoi...
Il m'arrive également de consommer de l'héro sur les lieux de mon travail. Car je fais tellement de grosse journée, que si je ne le faisais pas, je serais malade avant la fin de ma journée...
Pour l'instant je m'en sors comme cela, des fois je me dits, "ma pauvre, regarde où tu en es: tu t'enferme dans les chiottes de ton boulot avec ta feuille d'alu..." c'est pathétique, mais c'est aussi le seul moyen de ne pas perdre mon job, que j'aime vraiment.